On pensait que tout le monde avait vu les images du couple Tiberi quittant le tribunal le 27 mai 2009 en fuyant les caméras. Le Palais de justice était en ébullition.
Celui qui venait d’être condamné avait été le maire de Paris !
Les partisans des Tiberis étaient très nombreux ce jour là à exprimer leur indignation -et leur véritable haine- envers tous les démocrates qui avaient travaillé pendant 12 ans pour que la vérité
éclate enfin (Quel autre mot employer ?)
Tous les témoins étaient pris à partie. Un homme, rouge de colère, a accusé Jean Ferrari d’avoir été acheté pour témoigner contre les Tiberi. Cela aurait pu se terminer en voies de fait.
Heureusement le palais de Justice de Paris est truffé de gendarmes.
Tous ceux qui étaient présents se souviendront longtemps de ce moment. Personnellement j’avais été sollicitée pour donner mon sentiment à une radio privée (Europe 1 je crois) J’ai simplement
indiqué que la Justice était passée que la Démocratie triomphait enfin et qu’il était regrettable dans un état de droit qu’il faille attendre aussi longtemps pour reconnaître des fautes aussi
lourdes. C’était en gros le sens de mes paroles.J’espère avoir été claire dans ce sens, car j'étais sous l'emprise d'une forte émotion.
La journaliste a aussitôt tendu le micro à un des nombreux partisans de Tiberi en lui demandant ce qu’il me répondait.
Ce Monsieur a simplement dit « A Madame je lui réponds merde ! » Il parait que l’échange a été diffusé tel quel le soir à la radio. Cela traduit bien l’état d’esprit des fanatiques présents.
On aurait pu croire que tout allait changer dans le 5e. Que certains auraient enfin admis l’escroquerie fantastique qui permettait depuis des dizaines d’années à cet ancien magistrat de
s’arc-bouter à sa mairie.
Puisque enfin le jugement venait logiquement confirmer tout ce qui avait été établi pendant le procès à coup de témoignages et de preuves écrites.
Mais il n’en a rien été.
Le cinquième s’est gentiment installé dans le déni.
Dès l’instant où les principaux accusés ont fait appel : le maire est resté en place et pour le gros des habitants rien n’avait vraiment changé.J’ai pu mesurer l’ampleur de ce déni le jour où j’ai
recueilli l’avis d’un président de bureau de vote que je connais pour avoir été son assesseur. Un monsieur qui se définit comme juriste et qui est plutôt d’abord sympathique.
Je lui demandais simplement ce qu’il pensait de la condamnation des époux Tiberi et de Madame Affret.
Il m’a regardé interloqué « et la présomption d’innocence vous en faites quoi ? »(voir note)
Tout est dit. Je crois sincèrement que tous ces gens ne voudront jamais accepter la vérité.
Il ne peut s’agir que d’un immense complot fomenté par Bertrand Delanoë.
Pour les citoyens qui se sont informés, qui ont lu en particulier les incroyables détails qui ont été mis à jour lors du procès, rien ne peut plus être comme avant.
le procès a montré
- Qu’il fallait arrêter de dissocier les époux Tiberi. Tout le monde en France trouvait l’homme sympathique et on ajoutait en général « c’est sa femme qui exagère » Le témoignage de Monsieur
Ottaviani a établi, entre autres, que c’était Jean Tiberi l’instigateur et qu’il agissait en accord parfait avec sa femme.
- L’omniprésence de Xavière Tiberi à la Mairie a donné lieu à quelques scènes cocasses lors du procès. il fallait la voir jurer qu’elle n’y mettait jamais les pieds sauf pour aller chercher son
mari en l’attendant modestement sur un banc. On sait maintenant qu’elle était (est ?) partout chez elle à la Mairie. Qu’il lui suffisait de choisir un bureau pour en déloger aussitôt le
fonctionnaire tremblant de peur qui y était installé. Son arrogance et son mépris envers le petit personnel n’a pas de limite. Nous avons été nombreux à nous étonner du ton qu’elle a employé envers
le président du Tribunal. Allant même jusqu’à sortir du prétoire en plein interrogatoire pour aller fumer une cigarette.
C’est sûrement une scène inédite dans les annales du Palais.
- Que les peines prononcées sont ridiculement faibles au regard des fautes commises. Le Président Albert avait souligné lui-même que fausser le jeu de la Démocratie était moins réprimé qu’un petit
trafic de drogue !
-Que les menaces contre les témoins défavorables aux Tiberi pouvaient aller jusqu’à mettre leur vie en jeu. Voir l’histoire des plumes de Madame Mercier.
-Que les citoyens pensent, pour une grande part, que ce n’est pas très grave au fond d’être inscrit dans un endroit plutôt qu’un autre. Les gens devraient avoir le droit de voter là où le
candidat leur parait le plus sympathique !
-Que la condamnation prononcée ne tient pas compte des multiples cas de corruption qui correspondent à un grand nombre des inscriptions de faux électeurs.
Une pétition qui circule sur internet demandant la démission de Jean Tiberi n'a recueilli que 42 signatures. Ridicule, non ?
Le pouvoir actuel embarrassé par le cas Tiberi a prévu la parade : diluer sa circonscription dans une grosse circonscription électorale de la rive gauche (5+6+7 = mort du quartier latin). Le
cinquième y perdrait son âme au moment ou il aurait pu la retrouver.
Note : La présomption d'innocence, telle qu'entendue actuellement dans la plupart des pays d'Europe, se fonde sur l'article 11 de la Note : La Déclaration universelle des droits de
l'homme de 1948 de l'ONU formule la présomption d’innocence de la façon suivante :
« Article 11. Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes
les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
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articles originaux pour la plupart. Ils concernent essentiellement la vie politique française par une citoyenne mère de famille qui a gardé ses capacités d'indignation.
En toute subjectivité.